Le chant des volets

         Notre journée de travail s'achève, je t'attends. ô mon tendre soupirant, mon cœur a fondu pour toi à chaque minute. Je n'y peux rien, c'est plus fort que moi. Tu es dans chaque regard que je croise, dans chaque odeur que je respire. Dans chaque frôlement d'individus je sens ton souffle, je marche dans la rue, et je ressens tes mains sur mes épaules. Pourtant tu n'es pas à mes côtés, mais je sens mon cœur se retourner sur lui-même, à chaque fois que je cligne des yeux. Je suis captivée par ta personne, car tu es le charme révélé lorsque je suis près de toi.
         Je te parle et tu ne peux m'entendre. Une pensée me vient à l'esprit : je me dis que le désir de te retrouver dans notre petit nid est si intense, que tu dois en percevoir toutes les vibrations à chaque pas que tu fais. Presse-toi mon Aimé, entends-tu les roulements des tambours de mon cœur qui t'appelle ? Je suis déjà là, je viens de fermer les volets, les volets intimes de notre Amour !
         J'ai allumé des bougies d'un rose passionné, des fleurs de jasmin sur le sol, des blanches, des jaunes. Un petit vin blanc frais, légèrement sucré nous attend. Je me suis parée d'un voile soyeux sur mon corps, oui, je veux que tes mains soient heureuses de me retrouver. Une douce mélodie de son étoffe nous couvrira.
Je reconnais ton pas dans l'escalier, te voici. Je t'entends respirer derrière la porte, ta main se pose délicatement sur la poignée, tu entres !
         Mon Aimé, je serai ton diadème ; je suis à toi maintenant, tu es à moi le temps d'un instant.

 

Vim « Le chant des volets »

Le chant des volets