Le balai de l'Amour

Assis à la terrasse du café

Devinez qui vois-je débouler

Face à moi d’un air contrarié

Colette, ma voisine de palier !

 

Un passage clouté finit de l’arrêter

Et une vieille ralentie, de l’agacer

Mais d’un pas décidé, se dirige vers moi

Avec un gros balai, calé entre ses doigts

 

Ce n’est pas le moment de plaisanter

Elle a vraiment l’air d’être en pétard

Je me garderai donc bien de lui proposer

De venir à mes côtés, s'asseoir

 

Un plumeau en guise de joli minois

Demoiselle Colette s’avance vers moi

Seriez-vous la nouvelle embauchée 

De ce café, pour être ainsi armée ?

 

D’une balayette à grands poils renforcés

Dépassant la poche de votre blouse à fleurs

Mais je me dois de vous confier sans tarder

Que je me sens menacé par vos yeux accusateurs

 

Sachez que je suis aux regrets

D’avoir ainsi sauvagement sali

Le sol mouillé de notre palier

Que vous veniez d'astiquer ce midi

 

Oh Colette ! Laissez tomber vos brosses

Je ferai d’une voiture-balai notre carrosse

Acceptez seulement de m’épous’ter sans pâlir

Car pour le meilleur et pour le Mir

Nous formerons le plus beau des ménages !

 

Vim  « Le balai de l’Amour »

Pasfollelabeille com

Photo du site pasfollelabeille.com

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