La lettre de nos mémoires

          Ma chérie,

         Je te vois te balancer dans la nacelle au milieu de notre jardin. Tu es de dos, mais je discerne à cet instant que des angoisses traversent ton esprit. Je te rejoins ma mie, fais-moi une place près de toi et berçons nos cœurs de souvenirs.

         L’avenir te fait peur et de multiples interrogations te réveillent la nuit. Mon Amour, je te le redirai chaque jour que Dieu nous prête vie, je ne t’abandonnerai jamais ! Tu es ma petite femme, le soleil de ma vie depuis tant d’années. Quand la mémoire t’échappe de temps à autre, je suis pour nous deux le gardien de notre passé. Parfois, lorsque ce sentiment « d’être perdue » s’imprègne en toi, que les craintes et les doutes t’envahissent, prends mes mains et lis au fond de mes yeux cette totale confiance que tu peux avoir en moi. Elle te ramènera du pays de l’oubli ! Je te guiderai et serai avec toi jusqu’au bout… Je te l’ai promis au jour de notre mariage et je tiendrai cet engagement avec la force de cet Amour qui nous a toujours unis.

         Il m’arrive de pleurer en secret, quand tu es occupée avec Camélia, ton aide de vie. Tu n’as pas perdue ton sens de l’humour et ta joie de vivre. Je ressens encore ta douceur dans chacun de tes gestes et de tes regards posés sur moi. Mais je me sens tellement dépassé quand ces moments terribles d’angoisses auxquels tu es en proie, se jettent sur toi. Je vois alors ton visage changer, ton sourire disparaître et le bleu de tes yeux se noircir… Tu es prise dans une telle tourmente, que je ne sais pas toujours quoi faire. Tu marches sans pouvoir t’arrêter, tu tournes et retournes en cherchant une issue.

         Je stoppe alors ta course et te saisis entre mes bras. Je te fixe et te dis avec tout mon Amour et ma tendresse : « Ma Chérie sois rassurée, tu es à la maison là ! »

         Pressée de repartir, tu me regardes et me dis en retour : « Monsieur, je cherche mon mari, vous ne l’auriez pas vu ? »

         Mes yeux s’embuent de larmes et je ne sais que te répondre. Si tu ne m’as pas reconnu, pourtant tu t’adressais bien à moi… Mais ce dont je suis certain, c’est que ton sentiment d’Amour pour moi, n’est pas tombé dans cette spirale de l’oubli. Tu es en train de me chercher et je sais que tu finiras par me retrouver.

 

Vim « La lettre de nos mémoires »

La lettre de nos memoires

Photo du site ouest-france.fr

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