L'inconnue de l'abri de bus

Sa jupe tailleur arrivant à ses genoux

Laissait apparaître des mollets fins et musclés

Je devinais la grâce d’une belle antilope

Dissimulée sous son imper gris chiné

 

Frêle sur ses talons aiguilles

Elle se déhanchait docilement

Ses cheveux défaits par une bourrasque

Eveillèrent mes sens de leur parfum

 

Ses fines lèvres et ses yeux clairs

S’étaient noyés dans le gris des trottoirs

Elle était debout, le teint pâle et l'air songeur

Perdue sous cet abri de bus cassé

 

Je distille son charme, je la bois du regard

Car en elle, tout n’est que saveur et poésie

Belle inconnue, mon cœur s’est arrêté, ivre

Je voudrais me rapprocher de toi mais je n’ose

 

Franchir le cap, sous cet abri de bus délabré

Je m'avance d'un pas, j’ai peur que tu recules

Soudain, la pluie se met à tomber en cordes lisses

Mouillée, tu ouvres l’étoffe de ton parapluie

 

Revenue de tes rêves lointains, tu réalises que je suis là

Comme un pauvre chien dans une flaque, trempé

Tu m’invites alors à partager ton parapluie

Le bus ne viendra pas.

 

Vim « L’inconnue de l’abri de bus »

Talon aiguille l rqcfoy1

Photo du site gazettedunet.fr

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