Léonard

Je vais vous raconter l’affligeante histoire

D’un gars vraiment sympa, Léonard.

Vous avez certainement dû le croiser un soir

Dans un bistrot, au bout du comptoir

Et malgré tout ce que l'on entend sur lui, des racontars

Il est sobre Léonard, ce n’est pas un entonnoir

 

Ce que je vous dis là n’est pas un bobard

Un mensonge de vieux renard, un canular

Non, Léonard est loin d’être le mec fêtard

Qui ne tournerait qu’à la bibine et au pétard

Non, Léonard ne sirote que du café noir

De jour comme de nuit, sans excitation notoire

 

Léonard est un homme respectable, ce n’est pas un lascar

Il aime amuser la galerie et pour cela, pas besoin d’accessoire

Artiste dans l’âme, il a connu tout un tas de déboires

Car au-delà de sa cravate bariolée et de ses lunettes noires

On pourrait discerner tout au fond de son regard

Qu’un mal de vivre énorme ronge Léonard

 

Tout le monde connait bien le boute-en-train des bars

Lui qui ne recherche ni l’argent ni la plus petite gloire

Et pour autant que cela puisse vous paraître bizarre

Personne ne s’intéresse vraiment à ce pauvre Léonard

Alors, se retrouvant seul et perdu au milieu de ce tintamarre

Il réalise que ses relations d’amitié ne sont qu’illusoires

 

Un soir, lorsque nous le pensions simplement être en retard

Nous ne nous sommes point inquiétés de ne pas le voir

Puis comme chaque soir, nous avons continué de boire

Mais ce n’est qu’au petit matin, à la levée du brouillard

Que nous avons aperçu trop tard, sur l’étang de gros nénuphars

Le corps flottant et sans vie de notre Léonard.

 

Vim  « Léonard »

 

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