Le cadran de la souffrance

- " A la liberté, je viens faire mes adieux.

Vous avez gagné Votre Honneur, je craque

Retenez vos loups, je passe aux aveux 

Faites cesser de pleuvoir les coups de matraques

Réclamez le silence des bourreaux qui m'interrogent

Oui. J'ai avancé les aiguilles de l'horloge

Pensant que les années auraient été englouties

Et que mon coeur embrasserait un répit

 

Avec le temps, la douleur s'amenuise

D'où vient cette idée "Tour de Pise" ?

Je me suis fait avoir, me trompant moi-même

La souffrance est une vie de bohème

Elle vous prend dans son carcan et vous jette

Sous terre, elle vous enfonce la tête

Autour de vous son étau se resserre

Petit à petit, votre coeur implose et se lacère

Tirant à l'agonie, vous croyez que c'est la fin

Mais elle ouvre ses griffes, vous délaissant tel un chien.

 

Oui Votre Honneur, j'ai lutté avec le temps

De ce maître chanteur, n'avez-vous jamais été victime ?

N'avez-vous jamais soupiré devant les aiguilles du cadran ?

C'est vrai, je reconnais la préméditation de mon crime.

J'ai voulu faire trépasser les heures pour étouffer ma souffrance

En guise de rançon, le temps réclamait le prix de ma vie

Messieurs les jurés, fallait-il m'exécuter pour obtenir la délivrance ?

N'auriez-vous pas cherché une alternative de vie  ?

Mon coeur saigne, cannibales, vous me suivez à la trace

Mais lequel d'entre vous aurait pris ma place ?

 

- "Monsieur, vous êtes l'acteur et le spectateur de votre existence

Il fallait prendre votre mal en patience".

 

Vim  "Le cadran de la souffrance"

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